Il existe deux méthodes de protection du bain d'aluminium en fusion : la première consiste à recouvrir la surface du bain d'un flux de couverture. L'autre consiste à utiliser un alliage protecteur, c'est-à-dire à ajouter des éléments oxydables à l'alliage afin de former un film d'oxyde protecteur dense à la surface du bain fondu. Le principe de base de ces deux méthodes est de créer une surface inerte, de sorte que le gaz et le bain fondu n'interagissent pas ou que l'activité de la réaction chimique soit considérablement réduite, afin d'assurer la protection du bain d'aluminium fondu.
La première méthode s'applique à tous les alliages d'aluminium. Elle permet non seulement d'empêcher l'oxydation de la masse fondue et l'absorption d'hydrogène, mais elle a également pour effet d'éliminer l'hydrogène. En effet, le point de fusion de l' flux de recouvrement est généralement inférieure à celle du métal en fusion, sa densité est inférieure à celle du métal en fusion et il présente une bonne mouillabilité. Un film de revêtement liquide continu peut se former à la surface de la masse fondue afin de la séparer des gaz du four. En général, l’oxygène et la vapeur d’eau ne peuvent pas ou rarement réagir avec la masse fondue à travers ce film, tandis que les atomes d’hydrogène dissous dans la masse fondue peuvent traverser le film et s’échapper en raison de leur faible rayon.

La surface de l'alliage est recouverte d'un film d'oxyde de magnésium non adhérent dont la teneur est supérieure à 1%. Ce film ne permet pas d'empêcher la réaction entre le métal et le gaz. C'est pourquoi, en complément de la première méthode de protection, on recourt également à la méthode d'alliage protecteur.
On ajoute du béryllium (5-50) × 10⁻⁴ à l'alliage afin d'empêcher son oxydation pendant le temps de repos, la coulée, ainsi que lors des traitements thermiques et du formage à chaud ultérieurs. Dans la masse d’aluminium fondu, le béryllium est un matériau tensioactif. Son affinité pour l’oxygène est supérieure à celle de l’aluminium, mais son rayon ionique est inférieur à celui de l’aluminium et du magnésium. Le béryllium se diffuse préférentiellement vers la surface de la masse fondue ou comble les fissures du film de MgO, où il s’oxyde. L’oxyde de béryllium, dont β > 1, présente également les caractéristiques d’une résistance élevée, d’une faible pression de décomposition et d’une bonne stabilité thermique. Associé au MgO, il forme un film d’oxyde de béryllium et de magnésium à structure spinelle dense, qui améliore la résistance à l’oxydation de l’alliage et joue un rôle protecteur efficace. Si l’on n’ajoute pas de béryllium dans un alliage d’aluminium à forte teneur en magnésium, il est difficile de contrôler la teneur en magnésium du quasi-alliage pendant les processus de fusion et de coulée.